Festival Rudolstadt : les œuvres éclatantes de la photographe malienne Anna N’Diaye mises à l’honneur
Les photographies de l’artiste malienne Anna N’Diaye, membre du collectif YamarouPhoto, sont à l’affiche du prestigieux Festival Rudolstadt en Allemagne, du 3 au 6 juillet 2025. À travers ses regards singuliers sur le Bazin riche et la jeunesse malienne, elle émerveillera les festivaliers venus du monde entier.
Festival Rudolstadt
Le Festival de Rudolstadt est un événement musical et chorégraphique de renommée internationale, organisé chaque année dans la ville éponyme en Allemagne. Il propose une programmation éclectique mêlant musiques du monde, folk, jazz, rock et électronique. Le festival attire des artistes, des ensembles et des visiteurs issus de nombreux pays, et offre un riche programme de concerts, ateliers, spectacles de danse et activités culturelles.

Beaucoup le considèrent comme « un carrefour d’échanges interculturels qui célèbre la richesse et la diversité des expressions musicales mondiales ». Cette année, selon les organisateurs, le festival met à l’honneur Cuba, « un pays où musique et danse sont aussi naturelles que l’air et l’eau : elles se chantent, se jouent et se dansent ».
Au milieu de cette effervescence artistique, Anna N’Diaye fait résonner l’âme du Mali. Par ses photographies, elle célèbre son pays. Elle enracine la culture malienne dans une narration visuelle puissante. Ses clichés sur le Bazin riche, ce tissu somptueux qui illumine les rues de Bamako lors des mariages, baptêmes et cérémonies officielles, captent toute la beauté d’un symbole identitaire fort.

Ce tissu, prisé dans toute l’Afrique de l’Ouest, constitue un pont symbolique entre traditions africaines et influences occidentales. L’ambassade d’Allemagne au Mali rappelle que « depuis les années 80, les manufactures d’Aue exportent ce coton pur, aux textures fines et brillantes, vers l’Afrique de l’Ouest ».

Autrefois utilisé comme linge de maison précieux en Europe, le Bazin est devenu un habit de prestige dans de nombreux pays africains. Une métamorphose tissée de coopération et d’innovation. Anna N’Diaye met en lumière l’omniprésence de ce textile dans la société malienne, comme témoin d’une culture en perpétuelle réinvention.
Elle braque également son objectif sur la jeunesse malienne, sa force, sa créativité et son engagement pour un « Mali debout ». En dépit des difficultés, les jeunes continuent de lutter, d’innover et de faire rayonner le pays dans de nombreux secteurs.
Qui est Anna N’Diaye ?
Anna N’Diaye a toujours été passionnée par les arts visuels. Avant de rejoindre le collectif YamarouPhoto, elle a exercé divers métiers, notamment en tant que secrétaire dans une agence de location de voitures. Un poste qu’elle quitte pour se consacrer pleinement à sa vocation : la photographie.
« Je me suis inscrite à YamarouPhoto grâce à une amie proche. Depuis ce jour, je n’ai cessé de me former à la photographie », confie-t-elle.

Titulaire d’un Brevet de Technicien en Hydraulique, elle a côtoyé plusieurs photographes de renom, tant sur le plan national qu’international. Elle a participé à divers ateliers (workshops) et expositions organisés par YamarouPhoto, notamment avec des formateurs sud-africains, aboutissant à une exposition « off » de La Rencontre de Bamako, un événement majeur de la photographie en Afrique.

« Anna a travaillé sur de nombreux thèmes comme le henné, le fleuve, la jeunesse… Elle expose actuellement dans trois lieux en Allemagne, dont le musée des Cinq Continents à Munich dans le cadre d’une exposition collective sur le Sotrama de Bamako. Elle est également présente au festival de Rudolstadt avec ses séries sur le Bazin riche et la jeunesse », explique Seydou Camara, directeur artistique de YamarouPhoto.
